Synthèse — Inventaires et démarque
Compter, analyser, agir · Assistant manager d’unité marchande
Synthèse complète
1 — Les quatre inventaires

Un inventaire, c’est compter PHYSIQUEMENT les marchandises réellement présentes dans le magasin, à un instant donné — puis comparer ce comptage au stock que le logiciel affiche.

La différence entre les deux porte un nom : l’écart d’inventaire. Négatif, il manque de la marchandise. Positif, il y en a davantage que prévu. Les deux cas s’expliquent, et les deux cas se travaillent.

écart = stock compté − stock théorique
toujours dans ce sens — le signe fait partie du résultat
TypeQuandCe qu’il apporte au magasinVotre place
Comptableune fois par an, imposé par la loiIl donne au stock sa valeur officielle et clôture l’exercice comptable.vous comptez votre zone, comme toute l’équipe
Permanenten continu, dans le logicielIl tient le stock à jour à chaque mouvement enregistré — une vente, une réception, une casse déclarée.vous saisissez juste — il ne vaut que vos saisies
Tournantrégulièrement, sur un planningUne partie du magasin se compte à intervalles définis, famille par famille, sans fermer : il sécurise le stock toute l’année et révèle tôt la démarque.vous le réalisez selon le planning du manager
Cibléponctuellement, sur alerteUn rayon précis se vérifie en quelques dizaines de minutes dès qu’un doute apparaît.vous le proposez quand un chiffre vous étonne
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Le duo du quotidien. L’inventaire permanent et l’inventaire tournant travaillent ensemble : le premier tient le stock à jour dans le logiciel, le second va vérifier sur le terrain ce que ce logiciel affirme. Retenez le mouvement : l’écran affirme, le terrain vérifie — et c’est vous qui tenez le terrain.
« Permanent » ne veut pas dire « juste ». Ce stock-là ne connaît que les saisies. Une casse jamais déclarée, un vol — il continue de les compter comme présents. C’est exactement pour cela qu’on compte.
La loi impose au moins un inventaire complet par an à toute entreprise qui détient des stocks. Le reste de l’année, compter reste une décision d’organisation — un planning de tournants, une alerte qui déclenche un ciblé.

Le comptable et le permanent tournent sans vous. Le tournant et le ciblé sont VOS inventaires : un planning à tenir, une alerte à traiter. Retenez les déclencheurs — une date, une saisie, un planning, une alerte — les noms suivent tout seuls.

2 — Préparer, figer, compter
Un inventaire raté n’est presque jamais un problème de comptage : c’est un problème de préparation. Six étapes avant, une règle absolue pendant.
L’étapeL’essentiel
1L’objectif et le périmètreQuoi compter, et pourquoi : un tournant sur la famille prévue au planning, ou un ciblé sur le rayon qui inquiète.
2La date et le momentMagasin fermé, et de préférence la veille de la livraison, quand le stock est au plus bas : moins d’unités à compter, moins d’erreurs. Chez FRESH & CO, livré le mardi, on compte le lundi.
3La liste des référencesExtraite du logiciel, elle garantit qu’aucune référence ne sera oubliée — rayon ET réserve.
4Le matérielFeuilles de comptage ou douchettes, balance pour le vrac, pastilles « zone comptée » : tout se vérifie la veille.
5Les zones et les rôlesQui compte quoi : UNE zone, UN compteur, UNE seule fois. Les zones se dessinent sur le plan du magasin.
6Les consignesLe sens de comptage, l’unité de comptage, ce qu’on fait d’un doute : rappelées à tous, juste avant de commencer.
Le premier geste du jour J : figer le stock
Ce qui se bloque, sans exception
le comptage photographie le magasin
  • La caisse : plus une vente sur la zone comptée tant que le comptage n’est pas clos.
  • La réception : la livraison qui arrive attend sur le quai, hors de la zone.
  • Les transferts : rien ne passe de la réserve au rayon, ni du rayon à la réserve.
  • Les saisies : aucune casse, aucun retrait de date ne s’enregistre pendant le comptage.
Ce qui arrive quand la règle saute. Le compteur relève 30 packs d’eau — le relevé est exact. Une vente de 3 packs passe pendant le comptage : le stock théorique descend à 27, la feuille dit toujours 30. À la saisie, le rapport affiche un excédent de 3 packs qui n’existe pas. Personne n’a mal compté — et l’écart est faux, et il faudra recompter la zone pour le prouver.
Les six pièges qui faussent un comptage
Le piègeCe qui se passe
Le double comptageUne zone comptée deux fois — souvent à la frontière entre deux compteurs. Le relevé dépasse le réel.
L’oubli de zoneUne réserve, un tiroir, un dessus de meuble oubliés : des quantités bien présentes manquent au relevé.
La confusion d’unitéUn colis de 6 saisi « 1 ». On compte des UNITÉS DE VENTE, pas des cartons — le PCB de « Commandes et réceptions » revient ici.
Le produit déplacéRangé au mauvais endroit, il est compté ailleurs — ou pas du tout. Deux références faussées d’un coup.
L’erreur de saisieUn chiffre mal reporté de la feuille au logiciel crée un écart qui n’existe pas dans le rayon.
Le mouvement non bloquéLa vente ou la réception qui passe pendant le comptage — le piège du blocage, raconté ci-dessus.
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Le crible de relecture d’une feuille — trois questions par ligne. 1. L’UNITÉ : a-t-on compté des unités de vente, ou des cartons ? 2. LA ZONE : tout ce qui est relevé appartient-il à cette zone, et à elle seule ? 3. L’EXHAUSTIVITÉ : tous les emplacements de la zone y sont-ils ? Chaque ligne se tranche par un calcul — jamais par une impression.
Votre place le jour du comptage. Vous comptez votre zone — votre relevé a valeur de preuve, il se signe. Vous veillez à la consigne sur les zones qu’on vous confie, et une mauvaise pratique se corrige tout de suite. Et vous remontez les litiges au manager pendant le comptage : c’est lui qui tranche, séance tenante.

Tant que le stock n’est pas figé, personne ne compte. C’est la règle qui protège toutes les autres.

3 — Le vrac : il ne se compte pas, il se pèse
Les bonbons du bac ne se comptent pas un par un. Le vrac a sa méthode — trois gestes, toujours les mêmes — et c’est le piège classique de l’inventaire.
1
Tarer
la balance se tare avec le CONTENANT VIDE
Le bac, le saladier, le seau. Ce qui s’affiche ensuite est le poids du produit seul — jamais celui du bac.
2
Peser
le poids NET se note, avec le code produit
Le produit se pèse en une fois, et le poids net se note sur la feuille de comptage avec le PLU — le code qui le relie à sa fiche.
3
Convertir
poids × prix du kilo = valeur
Le logiciel convertit le poids en valeur au prix du kilo. Cette valeur rejoint le rapport d’écarts, comme n’importe quelle référence.
4,60 − 0,40 = 4,20 kg × 6 € = 25,20 €
Le bac de FRESH & CO, au comptage du lundi. Brut relevé 4,60 kg, tare du bac 0,40 kg : net 4,20 kg. Le logiciel attendait 4,50 kg : l’écart est de − 0,30 kg, soit − 1,80 € — le bac entre au rapport d’écarts comme les autres références, en kilos et en euros.
La balance se vérifie AVANT le comptage. La vignette de vérification se contrôle : une balance faussée fausse l’écart de tout le rayon, dans un sens comme dans l’autre.

On raisonne en poids et en euros — jamais en nombre de bonbons.

4 — Du comptage au rapport d’écarts

Compter n’était pas le but — c’était le moyen. Pour chaque référence, le logiciel pose votre relevé à côté du stock qu’il affichait, et il calcule l’écart : en unités, puis en euros.

Ces écarts portent un nom : la démarque — la valeur des marchandises que le magasin a achetées et payées, mais qu’il ne vendra jamais. Elle se mesure en euros : c’est le seul moyen de comparer des pertes qui portent sur des produits différents.

écart en euros = écart en unités × prix d’achat HT
le prix vient de la base article — personne ne saisit un prix pendant un comptage : la base fournit, le rapport calcule, comme pour le bon de réception de « Commandes et réceptions »
Le rapport du lundi de FRESH & CO, en entier
RéférenceThéoriqueComptéÉcart (unités)PA HTÉcart (euros)Après enquête
Lait demi-écrémé 1 L969600,89 €0 €
Yaourt nature × 48466− 181,15 €− 20,70 €connue
Sandwich club2421− 31,80 €− 5,40 €connue
Café moulu 250 g4028− 122,80 €− 33,60 €INCONNUE
Ampoule LED 9 W1214+ 21,90 €+ 3,80 €connue
Bonbons en vrac (kg)4,504,20− 0,30 kg6 €/kg− 1,80 €connue
Total des manquants− 33 u− 61,50 €
Total des excédents+ 2 u+ 3,80 €
Écart net− 57,70 €
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La méthode, sur la ligne du yaourt. L’écran affichait 84 unités ; le comptage en a trouvé 66. L’écart : 66 − 84 = − 18 unités. En euros : − 18 × 1,15 € = − 20,70 €. Deux lectures du même écart : les unités disent COMBIEN il manque, les euros disent ce que ça COÛTE.
La leçon du rapport : unités et euros ne désignent pas la même ligne. Le yaourt perd 18 unités — plus que toute autre référence. Mais le café perd 33,60 €, contre 20,70 € pour le yaourt : en valeur, c’est lui la plus grosse perte. On hiérarchise en euros, pas en unités — on ne peut pas enquêter sur tout à la fois, alors on commence par la ligne qui coûte le plus cher.
Deux lignes qu’on lit trop vite. Le lait tombe juste : une ligne à zéro est un résultat — celui d’une zone bien tenue — pas une absence de réponse. Et l’ampoule affiche + 2 : un EXCÉDENT est une anomalie au même titre qu’un manquant, et il s’explique aussi.

Un écart se lit deux fois : en unités pour compter, en euros pour décider.

5 — L’enquête : chaque écart passe au crible

Un écart ne tombe jamais du ciel. L’enquête consiste à chercher sa trace dans les écritures : les saisies de casse, les retraits de date, les réceptions, la caisse.

Une cause tracée en fait une démarque CONNUE ; rien de tracé la laisse INCONNUE. Cette distinction commande toute la suite : on ne combat pas les deux de la même façon.

Écart négatif : il manque du stock
les causes qui reviennent
  • Une casse ou une péremption retirée du rayon SANS saisie : le produit est parti, le logiciel le compte encore.
  • Une erreur de réception : moins de colis réellement entrés que de colis saisis.
  • Une erreur de caisse : deux produits proches, un seul scanné.
  • Le vol — client ou interne : la marchandise sort sans écriture.
  • Un produit déplacé, compté nulle part.
Écart positif : il y a du stock en trop
et il s’explique aussi
  • Une casse SAISIE mais jamais jetée : le produit, intact, est resté en rayon — et il est recompté.
  • Une réception jamais saisie : la marchandise est entrée, pas l’écriture.
  • Une sortie enregistrée deux fois : le théorique a baissé en double.
  • Un produit déplacé, compté dans la mauvaise référence — qui crée un manque ailleurs.
Le réflexe : la piste administrative d’abord. Saisies, réceptions, caisse — elle se vérifie en quelques minutes, et elle explique une grande part des écarts. Conclure au vol en premier, c’est accuser avant de vérifier.
L’enquête du lundi, ligne par ligne
RéférenceÉcartCe que l’enquête a trouvéVerdict
Yaourt nature × 4− 20,70 €La réserve se souvient : un carton d’eau est tombé sur le bac des yaourts la veille — 3 colis de 6 jetés, jamais saisis.tracée → connue
Sandwich club− 5,40 €Le soir d’avant, 3 sandwichs à date courte ont été retirés du rayon — sans saisie. La cause est tracée, la procédure ne l’est pas.tracée → connue
Ampoule LED 9 W+ 3,80 €Le mois dernier, une casse de 2 ampoules a été saisie — mais personne ne les a jetées. Restées en rayon, le comptage vient de les retrouver.tracée → connue
Café moulu 250 g− 33,60 €Aucune casse, aucun retrait, aucune erreur de caisse, aucune réception douteuse. Deux colis entiers, et RIEN dans les écritures.aucune trace → INCONNUE
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CONNUE — on sait ce qui s’est passé. La perte identifiée et enregistrée : une casse déclarée, un retrait saisi, un don tracé par sa convention. Saisie au moment où elle se produit, elle est déjà sortie du stock théorique — elle ne crée AUCUN écart à l’inventaire. Elle se pilote : on connaît sa cause, donc on sait quel geste la fait baisser.
INCONNUE — personne n’a rien vu. La perte que seul l’inventaire révèle : rien dans les écritures. Le vol en fait partie — mais aussi toutes les erreurs jamais tracées. C’est la plus dangereuse des deux : on ne corrige pas une cause qu’on ignore.
Attention au raccourci « inconnue = vol ». L’enquête du lundi vient de montrer trois écarts qui semblaient inexpliqués et qui étaient des erreurs de saisie. Le vol est UNE cause possible — jamais la conclusion par défaut.

Tout votre travail d’analyse tient en une phrase : transformer de l’inconnu en connu. Chaque cause retrouvée est une perte qui redevient pilotable.

6 — Valoriser la perte : trois prix, une preuve
« Il manque 12 paquets de café » ne déclenche rien. « Le rayon a perdu 36 € » déclenche une décision. Valoriser, c’est traduire la perte dans la langue de ceux qui arbitrent.

Le cas à chiffrer — celui de l’enquête : les 12 unités de café moulu disparues, deux colis entiers, aucune trace. Prix d’achat 2,80 € ; frais logistiques 0,20 € par unité, donc prix de revient 3,00 € ; prix de vente 4,50 € HT.

La même perte va répondre à trois questions différentes — et les trois montants sont vrais en même temps.

La questionLe prixLe calculLe montantÀ qui le dire
« Combien est-il SORTI de la caisse ? »au prix de revient (2,80 + 0,20 = 3,00 €)12 × 3,00 €36,00 €à la comptabilité, par votre manager — la seule somme réellement décaissée
« Combien ne RENTRERA jamais ? »au prix de vente (4,50 €)12 × 4,50 €54,00 €à l’équipe, en réunion de rayon — le montant qui parle
« Combien de MARGE s’est envolée ? »à la marge brute (4,50 − 3,00 = 1,50 €)12 × 1,50 €18,00 €au pilotage, mois après mois — le chiffre qui se compare à l’objectif
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l’addition de contrôle : revient + marge = vente
36,00 + 18,00 = 54,00 € — on retombe sur la valorisation au prix de vente
Et le rapport, lui, affichait − 33,60 €. Aucun des deux chiffres n’est faux : le rapport valorise au prix d’achat parce que le logiciel ne connaît que lui ; le prix de revient ajoute les frais réellement payés. On cite le rapport quand on parle du rapport, et le revient quand on parle de trésorerie.
Trois montants, trois conversations — mais UNE seule perte. Ils ne s’additionnent jamais, et chacun se cite devant l’interlocuteur qu’il concerne. Mal commentés, ils donnent l’impression d’une perte comptée trois fois.

Si revient plus marge ne redonne pas la vente, l’un des trois montants est faux — la preuve se fait avant de porter le chiffre.

7 — Le plan de lutte, et le taux qui le suit
Une démarque analysée mais non traitée revient à l’identique au prochain inventaire. La lutte se mène sur quatre fronts — et sur chacun, votre rôle est le même : appliquer, et faire appliquer.
Le frontCe qui s’y joueLes gestes qui comptent
1 · Sécuriser les fluxLa plupart des écarts naissent ici : une entrée mal contrôlée, une sortie jamais saisie.La réception contrôlée et sa réserve écrite ; la casse et les retraits saisis AU MOMENT où ils se produisent ; les inventaires tournants au planning.
2 · Prévenir le volLe vol client et le vol interne ne se préviennent pas pareil — aucun des deux ne se traite par le soupçon permanent.Les produits sensibles implantés à vue ; la présence active en surface ; la séparation des tâches ; un doute se signale au manager — on n’interpelle jamais seul.
3 · Réduire la casseElle ne dépend que des gestes et du rangement du magasin : c’est la perte la plus évitable.Le bon matériel de manutention ; le lourd en bas, le fragile protégé ; les allées dégagées — et une casse qui se produit quand même se SAISIT tout de suite.
4 · Tenir les datesLa rotation, les dates courtes, le don : « Commandes et réceptions » vous a tout appris — il reste à le chiffrer.Vendre à temps (perte : 0 €) ; démarquer le prix (une partie de la marge, CONNUE) ; donner (la marge, pas la trésorerie — et tracé) ; jeter (perte totale, et parfois illégale).
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L’ordre des fronts n’est pas décoratif. On fiabilise d’abord les flux et les saisies : tant qu’ils fuient, impossible de savoir si le reste est du vol ou de l’erreur. Et sur les quatre fronts, la démarque recule par des procédures TENUES — on corrige des façons de faire, pas des personnes.
Le chiffre qui suit la lutte : le taux de démarque
taux de démarque = démarque valorisée ÷ CA HT × 100
3 780,00 € ÷ 252 000,00 € × 100 = 1,50 % ce mois-ci
La convention, avant le calcul. FRESH & CO valorise sa démarque au prix de vente HT — chaque enseigne fixe la sienne. Ce qui ne change jamais : on compare des périodes valorisées de la MÊME façon, sinon la comparaison ne dit rien. Ici : pour 100 € vendus, 1,50 € de marchandise ont disparu. Le mois précédent, le taux était de 1,20 % : il monte, et c’est cela, l’alerte.
Ce qu’un taux sait dire
comparé, jamais isolé
  • La tendance : il monte, il baisse, il décroche — comparé aux mois précédents.
  • Les priorités : suivi par famille, il désigne les rayons qui concentrent la perte.
  • L’effet des actions : un plan qui marche se voit sur la courbe.
Ce qu’il ne dit pas
et qu’on ne lui fait pas dire
  • La cause : un taux qui monte ne dit pas si c’est le vol, la casse ou les saisies — c’est l’enquête qui le dit.
  • Tout seul, rien : un chiffre isolé, sans comparaison, ne déclenche aucune décision utile.
L’arc complet, mesuré un mois plus tard. Le plan d’action en place, le mois suivant de FRESH & CO donne 2 880,00 € de démarque pour 240 000,00 € de chiffre d’affaires : 2 880,00 ÷ 240 000,00 × 100 = 1,20 %. Le taux redescend de 1,50 % à 1,20 % : l’alerte se mesure, l’action se mène, l’effet se mesure.

Ce qui ne se mesure pas ne se maîtrise pas — et ce qui se mesure sans se comparer ne se pilote pas davantage.

8 — Porter la perte à votre manager
Tout le module converge ici. Une proposition d’action corrective tient en quatre temps — l’écart, la valeur, l’enquête, la proposition — et elle tient en quelques lignes.
Le modèle — sur la perte de café du lundi. Inventaire tournant du lundi : il manque 12 unités de café moulu 250 g, soit deux colis entiers. Le rapport les valorise à 33,60 € au prix d’achat ; la marge perdue est de 18,00 €. Aucune casse, aucun retrait, aucune vente ne l’explique : je propose un comptage ciblé du café chaque lundi pendant un mois, et le café en réserve sous clé.
Le tempsCe qu’il porte
L’écartCombien manque, en unités — et le détail qui parle : deux colis entiers.
La valeurLe montant du rapport, et la marge perdue — les euros avant les opinions.
L’enquêteCe qui a été vérifié, et ce qui n’explique rien : le café reste une inconnue.
La propositionUne action PRÉCISE, datée, vérifiable — pas un « il faudrait faire attention ».
Votre périmètre — ce qui se fait, ce qui se propose
Vous faites
vos gestes propres
  • Compter votre zone selon la procédure, et saisir juste.
  • Calculer les écarts, mener l’enquête administrative.
  • Valoriser la perte aux trois prix, preuve comprise.
  • Saisir la casse et les retraits au fil de l’eau.
Vous faites appliquer
sur les zones confiées
  • L’unité de comptage et le zonage.
  • La consigne de saisie immédiate — casse, dates, retraits.
  • Le rangement qui évite la casse, et la rotation des dates.
  • Et vous corrigez tout de suite, sans attendre la fin.
Vous proposez — votre manager tranche
vous alimentez sa décision
  • Le comptage ciblé quand un chiffre vous étonne.
  • L’action corrective, chiffrée et datée — comme le modèle.
  • Le changement d’implantation d’un produit sensible.
  • La date d’inventaire, les objectifs, la stratégie restent le périmètre du manager.

Une proposition d’action corrective pertinente, c’est trois adjectifs : chiffrée, vérifiée, actionnable. Votre valeur ne tient pas à décider de tout : elle tient à porter des chiffres si solides que la décision devient simple.

9 — Les quatre ateliers, corrigés
Atelier 1 — quatre situations, quel inventaire ?
La situationL’inventaireLe déclencheur qui décidait
L’expert-comptable demande la valeur officielle du stock pour clôturer l’exercice au 31 décembre.Comptableune DATE LÉGALE : la clôture de l’exercice impose un comptage complet et valorisé
Le planning affiché en réserve prévoit le comptage de la famille « petit-déjeuner » ce lundi, magasin fermé.Tournantun PLANNING : la famille se compte à son tour, magasin ouvert, sans urgence
L’écran annonce 15 packs d’eau, le rayon en montre zéro : on veut savoir aujourd’hui, sur ce rayon-là.Cibléune ALERTE : un doute précis, un rayon précis, une vérification immédiate
Une vente passe en caisse : le stock affiché baisse d’une unité, sans que personne ne compte quoi que ce soit.Permanentun MOUVEMENT SAISI : personne ne compte, le logiciel écrit
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La question de lecture : le comptable et le permanent se font sans décision de votre part — l’un est imposé par la loi, l’autre tourne dans le logiciel. Le tournant et le ciblé n’existent que si quelqu’un les fait exister : un planning tenu, une alerte remontée. C’est précisément votre part du travail.
Atelier 2 — la feuille de comptage à vérifier
RéférenceEmplacementRelevéVerdictLa consigne violée — ou le fait qui confirme
Yaourt nature × 4rayon11faux → 66l’unité de comptage : 11 COLIS relevés « 11 » — la feuille s’écrit en unités de vente, et 11 × 6 = 66
Lait demi-écrémé 1 Lrayon + réserve144faux → 96le zonage : cette feuille est celle de la zone A, et la réserve, déjà comptée par la zone B, a été recomptée — 144 − 48 = 96
Café moulu 250 grayon28justele fait le confirme : en rayon : 4 colis de 6 pleins, plus 4 unités seules en façade
Sandwich clubvitrine21justele fait le confirme : 21 sandwichs en vitrine — le sandwich, livré chaque jour, n’a pas de réserve
Ampoule LED 9 Wrayon9faux → 14l’exhaustivité : le tiroir de la zone n’a pas été compté — 9 + 5 = 14
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Les trois corrections sont des CALCULS faits avec les faits de terrain : 11 colis × 6 = 66 unités de vente pour le yaourt ; 144 − 48 = 96 pour le lait (la réserve appartenait à la zone B, déjà comptée) ; 9 + 5 = 14 pour l’ampoule (le tiroir oublié). Et la colonne « emplacement » se lit aussi : « rayon + réserve » sur une feuille de zone A criait la faute de zonage. Aucune erreur ne venait d’un chiffre mal lu : toutes venaient d’une consigne sautée.
Atelier 3 — le rapport d’écarts, à votre tour
RéférenceL’écartEn euros
Lait demi-écrémé 1 L96 − 96 = 00 €
Sandwich club21 − 24 = − 3− 3 × 1,80 = − 5,40 €
Café moulu 250 g28 − 40 = − 12− 12 × 2,80 = − 33,60 €
Ampoule LED 9 W14 − 12 = + 2+ 2 × 1,90 = + 3,80 €
faites glisser le tableau vers la gauche →
Les trois questions de lecture : le yaourt de la démonstration perd le plus d’UNITÉS (18) ; le café perd le plus d’EUROS (33,60 €) ; et si l’on ne peut en traiter qu’une, c’est le café — une perte lourde ET inexpliquée passe toujours devant.
Atelier 4 — valoriser, puis mesurer l’effet
L’étapeLe calculLe résultat
Prix de revient et marge du yaourt1,15 + 0,10 = 1,25 € · 1,65 − 1,25 = 0,40 €les deux prix de la valorisation
Les trois valorisations18 × 1,25 · 18 × 1,65 · 18 × 0,4022,50 € · 29,70 € · 7,20 €
L’addition de contrôle22,50 + 7,2029,70 € — on retombe sur la vente
Le taux du nouveau mois2 880,00 ÷ 240 000,00 × 1001,20 %
La phrase au manager« Le taux redescend de 1,50 % à 1,20 % : pour 100 € vendus, la perte retombe de 1,50 € à 1,20 €. Le plan produit son effet — je propose de le maintenir, et de garder le suivi mensuel. »comparer, traduire, proposer
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10 — Les ressources du module
Tout ce qui accompagne la séance, et de quoi vous entraîner seul ensuite.
Le simulateur d’écarts
un rapport neuf à chaque partie

Il tire un rapport d’inventaire au hasard : vous calculez les écarts en unités et en euros, puis vous valorisez la plus grosse perte aux trois prix, preuve comprise. Il corrige immédiatement, et les chiffres changent à chaque partie.

Ouvrir le simulateur →
L’aide-mémoire
huit sections, sur téléphone

Les quatre inventaires, les consignes du comptage juste, la méthode du vrac, l’écart, l’ordre de l’enquête, connue et inconnue, les trois valorisations et le taux, la proposition au manager.

Ouvrir l’aide-mémoire →
L’étude de cas sur tableur
l’inventaire du lundi, en entier

Neuf références et le bac de vrac, avec le journal des saisies pour mener l’enquête : vous produisez le rapport, vous classez, vous valorisez, vous concluez.

Télécharger le classeur →
Le quiz du module
seize questions, corrections commentées

Les trois chapitres, dans le désordre.

Faire le quiz →
Le classeur de révision autonome — une épicerie vrac où la moitié des rayons se pèse au lieu de se compter, et qui compte le lundi, son jour de fermeture — est joint à cette page : Revision_Inventaires_Epicerie_AMUM.xlsx. Chaque case affiche ✓ ou ✗ à la saisie.
11 — Les huit points à retenir
Ce que vous devez pouvoir expliquer à quelqu’un qui n’a pas suivi la formation.
Le pointEn une phrase
1L’écart, toujours dans le même sensCompté moins théorique. Négatif, il manque ; positif, il y a trop — et les deux s’expliquent.
2Quatre inventaires, quatre déclencheursUne date légale, une saisie, un planning, une alerte. Le tournant et le ciblé sont les vôtres.
3Figer avant de compterAucun mouvement pendant le comptage : un seul en fausse le résultat — et le temps de tous.
4Le vrac se pèseTarer, peser, convertir. On raisonne en poids et en euros, jamais en nombre de bonbons.
5La piste administrative d’abordSaisies, réceptions, caisse — elle se vérifie en minutes, et elle explique une grande part des écarts.
6Transformer l’inconnu en connuChaque cause retrouvée redevient pilotable. Ce qui reste inexpliqué se surveille de près.
7Trois prix, une preuveRevient, vente, marge — et revient plus marge redonne la vente, sinon un montant est faux.
8Un chiffre porté, une action proposéeL’écart, la valeur, l’enquête, la proposition : quatre temps, quelques lignes, un manager qui peut décider.
faites glisser le tableau vers la gauche →

Compter juste ne sert à rien si l’écart reste inexpliqué — et l’expliquer ne sert à rien si personne ne porte le chiffre à celui qui décide.

12 — Quiz général
16 questions sur tout le module. Les questions et les propositions sont mélangées à chaque lancement : refaites-le plusieurs fois.
Score : 0 / 16